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Comprendre le patrimoine d'Amiens

Capitale de la Picardie, Amiens tire son origine d’un lieu de passage sur la Somme. La ville s’est ainsi développée de part et d’autre du fleuve avant de gagner les plateaux avoisinants.

 

De Samarobriva à Amiens

Le nom de Samarobriva, « pont sur la Somme » est mentionné pour la première fois dans La Guerre des Gaules de César en 54 avant J.-C. La ville est fondée par les Romains sur la dernière terrasse alluviale de la Somme, au-dessus des débordements du fleuve. De 200 hectares à son apogée au début du IIe siècle, la cité, traversée par la Via Agrippa, se réduit à un castrum d’une vingtaine d’hectares à la fin du IIIe siècle. A cette époque, la tribu celte des Ambiens donne son nom à la ville.

 

L’étonnante prospérité d’une ville médiévale

Sous l’effet de la croissance démographique et du développement économique, la ville déborde ses murs antiques aux XIe et XIIe siècles. Un nouveau quartier est créé de toutes pièces par le chapitre de la cathédrale dans le fond de vallée. Parcouru par une douzaine de bras de la Somme, il prend le nom d’une de ses principales paroisses : Saint-Leu. Le chemin de l’eau, véritable canal de navigation, le ceinture du côté nord, marquant les limites de la ville.

 

D’une enceinte à l’autre

La construction de la nouvelle cathédrale impose la destruction du vieux mur gallo-romain et l’érection de l’enceinte dite de Philippe Auguste qui englobe le quartier de la basse ville au début du XIIIe siècle. La guerre de Cent Ans ramène malheureusement la dévastation et oblige la commune et le roi à entreprendre une nouvelle enceinte qui protège les nouveaux faubourgs s’étendant au sud. Elle n’est achevée que sous le règne de Louis XI à la fin du XVe siècle et contiendra l’extension urbaine jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les actuels boulevards intérieurs en marquent l’emplacement.

 

La ville moderne

Après la prise d’Amiens par les Espagnols et la reconquête de la ville par Henri IV en 1597, l’édification de la citadelle bloque la croissance de la ville du côté nord et densifie considérablement le quartier Saint-Leu. Les grands travaux d’urbanisme, entrepris par les intendants au XVIIIe siècle, ont pour but d’assainir et d’embellir une ville au parcellaire très dense, qui atteint 40 000 habitants à la veille de la Révolution.

 

L’urbanisation des faubourgs

Le développement de l’industrie textile, alimenté par l’exode rural, et l’arrivée du chemin de fer en 1846 entraînent un accroissement très sensible de l’emprise urbaine au XIXe siècle. La destruction des fortifications permet le lotissement de vastes faubourgs, comme Henriville ou le faubourg Noyon, aux maisons de briques, tantôt bourgeoises, tantôt ouvrières, qui donnent à Amiens une physionomie si particulière aujourd’hui. Une nouvelle ceinture de boulevards entoure au sud ces nouveaux faubourgs.

 

Amiens aujourd’hui

Gravement éprouvée en 1918 et surtout en mai 1940 par le bombardement allemand qui détruisit les deux tiers du centre ville, Amiens s’est fièrement relevée de ses ruines. Les monuments historiques endommagés ont été restaurés tandis que l’architecte Pierre Dufau établissait le nouveau plan d’urbanisme, caractérisé par l’élargissement des rues et la création de vastes places ordonnancées, comme celle de l’Hôtel de ville. Au cours des Trente Glorieuses, Amiens connaît un accroissement de sa population qui s’exprime dans la construction de nouveaux quartiers représentatifs des « Grands Ensembles » en périphérie : le Pigeonnier et Etouvie. Aujourd’hui, la Communauté d’agglomération Amiens Métropole rassemble trente-trois communes pour une population de 180 000 habitants. Le projet urbain achève la reconstruction d’Amiens tout en mettant en valeur les singularités de la ville et de son histoire. Si la production architecturale y cultive parfois le goût du pittoresque, elle sait aussi séduire ou provoquer la polémique.