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La ville au fil des siècles

Cité épiscopale, puissante commune, Amiens est l’une des villes de la France du Nord qui fut le plus tôt rattachée au domaine royal.

 

Une cité de première importance

Ville étape sur la route de l’étain qui relie la Bretagne insulaire à l’Italie, la cité des Ambiens est après Reims la plus grande ville de Gaule Belgique. C’est dans la ville restreinte au castrum que, selon la tradition, le navarrais Firmin prêche pour la première fois la parole du Christ à la fin du IIIe siècle. Quelques années plus tard, vers 337, saint Martin y accomplit son geste de charité. Dès lors l’évêque d’Amiens, à la tête d’un vaste diocèse, exerce le pouvoir politique laissé vacant par l’autorité civile.

 

Une commune fidèle au roi

A la faveur du développement des échanges, Amiens, bien située sur la vallée de la Somme, devient une des grandes places marchandes de la région. C’est une bourgeoisie enrichie, qui, grâce à l’appui de son évêque saint Geoffroy et à l’intervention du roi Louis VI le Gros, obtient en 1117 une charte de libertés communales. Dès lors un beffroi, symbole du pouvoir communal, remplace l’antique castillon comtal. Place essentielle entre l’Ile de-France et le puissant comté de Flandre, la ville est intégrée dans le domaine royal par Philippe Auguste en 1185.

 

Un chantier sans précédent au Moyen âge

Dans ce contexte de prospérité économique et de stabilité politique, l’évêque Evrard de Fouilloy et le chapitre cathédral profitent de l’arrivée de la relique du chef de saint Jean Baptiste, volée à Constantinople en 1204, pour lancer le chantier de reconstruction de la cathédrale. Mise en oeuvre en 1220, la nouvelle église est suffisamment avancée en 1264 pour accueillir le roi saint Louis venu y prononcer la fameuse Mise d’Amiens qui met fin au conflit entre le roi d’Angleterre Henri III Plantagenêt et ses barons révoltés.

 

Liliis tenaci vimine jungor

« Aux lys, je suis attachée par un osier tenace ». La guerre de Cent Ans a de graves répercussions sur la Picardie si proche de l’Angleterre. Les batailles de Crécy (1346) et d’Azincourt (1415) ont ensanglanté ses terres. En 1435, lors du traité d’Arras, Charles VII, en gage de réconciliation, cède à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, les villes de la Somme dont Amiens fait évidemment partie. La ville ne retourne dans le giron royal qu’en 1471, grâce à la ténacité de Louis XI, qui réaffirme ses libertés communales et lui accorde la devise qu’elle conserve toujours.

 

Le développement de la manufacture

La frontière repoussée plus au nord, Amiens bénéficie au XVIIIe siècle d’une longue période de paix favorable au développement économique. Le nombre des métiers à tisser travaillant la laine est en constante augmentation. Alexandre Bonvallet fonde en 1756 sa manufacture dans le faubourg Saint-Maurice. Il y introduit avec des résultats exceptionnels le gaufrage et l’impression sur étoffe. En mai 1766, le titre de manufacture royale est accordé à Jean-Baptiste Morgan pour sa production de velours d’Utrecht et de velours de coton.

 

Un siècle de croissance

Le 27 mars 1802, l’Hôtel de ville accueille Joseph Bonaparte et lord Cornwallis pour la signature de la Paix d’Amiens qui met fin, provisoirement, à la guerre entre la France et l’Angleterre. Amiens garde tout au long du XIXe siècle son image de ville drapante. Prospère, la cité se dote sous le Second Empire et la Troisième République des infrastructures dignes d’une grande ville de province : musée, cirque, hôtel des postes. Jules Verne choisit d’y résider et devient conseiller municipal.

 

Le XXe siècle : entre ravage et reconstruction

Amiens est occupée quelques jours en 1914 puis devient une ville de l’Arrière. En 1916, l’effroyable bataille de la Somme se déroule à quelques trente kilomètres d’une ville de plus en plus bombardée. La reconstruction n’atteint certes pas la même ampleur qu’à Saint-Quentin mais favorise l’éclosion de l’Art déco dans la ville. Après le grand incendie de 1940, la reconstruction générale du centre ville est confiée à Pierre Dufau. Il fait appel, entre autres, à Auguste Perret qui réalise sa fameuse tour et l’ensemble de la gare.