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La couleur au Moyen-âge

Quelle signification peut-on trouver à cette polychromie ressurgie du passé ? La simple nécessité de protéger la pierre, le désir d’unifier les éléments ou le besoin de masquer les imperfections sont autant de motifs envisageables.

 

Pourtant, le souhait de souligner le relief des drapés, d’affirmer le modelé des corps et d’accroître la puissance narrative de la sculpture semble plus vraisemblable. La couleur trouve ainsi son véritable sens dans la volonté de mise en lumière des figures ainsi reliées entre elles.

 

A l’instar de la peinture de chevalet, elle procède d’une stratégie de mise en scène, elle aide à discerner les personnages, enrichissant aussi leurs expressions. Elle rend plus accessible le message des trois portails.

 

Les pigments d’origine minérale, végétale ou animale sont posés sur un enduit de préparation fait de blanc de céruse. Le bleu du lapis-lazuli triomphe dans la parure de la Vierge, Reine du Ciel. La noix de galle rehausse de noir les pupilles, les cernes. La garance illumine le manteau du Beau Dieu et les ors scintillent dans les nimbes.

 

A Amiens, au XIIIe siècle, la couleur règne au pays de l’or bleu. De la prospérité économique venue de la culture de la waide, la plante tinctoriale qui fait la fortune de la ville, au génie artistique des bâtisseurs, des sculpteurs et des peintres, tout ici manifeste une somptueuse continuité.